Notre profession

ELENA CACIULAN

“Notre profession

n’est ni encadrée ni protégée”

Docteur en kinésithérapie en Roumanie et vice-présidente de la Fiopf (Fédération internationale des organisations de physiothérapeutes francophones), Elena Caciulan expose les priorités pour la profession de son pays.

par Cyrienne Clerc

Votre investissement en tant que vice-présidente de la Fiopf vous aide-t-il à promouvoir la profession dans votre pays?

Notre appartenance à la Fiopf est très importante car elle nous permet de nombreux échanges tant au niveau culturel, professionnel et dans le domaine de la formation. Cette fédération nous aide dans le cadre de notre formation professionnelle. Ses congrès’ nous permettent de mieux connaître et de bénéficier d’expériences étrangères. Nous essayons ainsi d’adapter l’expérience française au sein de notre association professionnelle, Muntenia Bucarest, qui compte 300 membres et développe notamment des cours de formation continue.

La Fiopf nous permet aussi de promouvoir la profession de kinésithérapeute en Roumanie et de faire comprendre que cette thérapie est utile. Nous avons en effet beaucoup d’efforts à fournir pour la faire connaître auprès de la population roumaine. Il ne faut pas oublier que le nombre de praticiens dans notre pays se situe entre I 000 et I 200 -nous n’avons même pas de statistiques exactes- et que la Roumanie compte environ un kinésithérapeute pour 26 000 habitants, ce qui nous relègue à la dernière place européenne. La profession est en situation de sous-emploi car de nombreux jeunes, sortis de l’université, ne trouvent pas d’emploi, le nombre de postes en hôpitaux étant réduit. Certaines villes roumaines n’ont d’ailleurs aucun kinésithérapeute. Il faut donc changer la mentalité pour développer notre profes-sion. Quant aux salaires, ils sont faibles : de 200 euros par mois pour un debutant à 400 euros (pour un kinésithérapeute de 15 a 20 ans d’expérience).

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Comment la formation des kinésithérapeutes en Roumanie est-elle organisée ?

Dans le domaine de la formation où les écoles françaises font partie des meilleurs au monde, les relations que nous avons développées avec l’Institut national de la kinésithérapie (INK. France) nous sont très utiles. Ainsi, nous disposons d’une liste de formateurs français prêts à donner des cours en Roumanie. Concernant la formation Initiale, il existe deux voies. La faculté de kinésithérapie suit les processus de Bologne. Les futurs professionnels suivent trois ans d’études, puis un master de deux ans.ee qui leur permet alors d’exercer la profession. Un diplôme de physio-kinéslthéraple sur trois ans exista également dans le cadre de la faculté de médecins. Mais aucun master, nécessaire pour exercer le métier de kinésithérapeute, n’est délivré.

Disposez-vous d’une réglementation particulière pour encadrer la profession ? C’est un problème majeur : aucune loi n’encadre ou ne protège la profession de kinésithérapeutes dans notre pays. C’est une de nos principales demandes auprès du ministère roumain de la Santé. Actuellement, II existe une commission dite de spécialité au ministère qui s’occupe, entre autres, de notre profession. Mais seuls des médecins en font partie et, malgré no» nombreuses requêtes, notre association professionnelle n’a jamais été consultée. Notre profusion n’est donc ni encadrée ni protégée. De fait, le ministère de l’Enseignement encadre la formation initiale. et les kinésithérapeutes en activité dépendent des réglementations internes des hôpitaux, à l’exception des quelques cabinets libéraux.

surtout installés à Bucarest. Il en existe actuellement près d’une trentaine. Les patients qui se rendent dans ces cabinets ne sont pas remboursés par notre système d’assurance maladie, sauf si le cabinet intègre un médecin.

Certains kinésithérapeutes roumains s’installent-ils à l’étranger ?

Du fait du manque de postes, de nombreux kinésithérapeutes cherchent a travailler à l’étranger, notamment en Europe, essentiellement en France, aux Etats-Unis, su Canada… où notre diplôme est reconnu. Notre organisation professionnelle les aide a monter leurs dossiers.

La prochaine assemblée générale de la Fiopf de tiendra » Paris le 2 octobbre 2008

La semaine prochain :

entretien avec René Courtier,

président de l’Ordre

Nota: acest artiocol nu aduce atingere profesiunii de balneo/fizio/kinetoterapeut si republicarea sau folosirea in alte scopuri a textelor sau fragmente de text, este posibila doar acodul scris al autorului acestui blog.